« Ils sont vraiment malades ! » 😯

Voilà ce que je m’étais dit le 5 décembre 2009, à 1 heure du départ de ma 1° SaintéLyon, quand le speaker a annoncé qu’un certain ArthurBaldur et un certain Biscotte venaient d’arriver de Lyon pour prendre le départ de l’édition 2009… à pied !
Pour ma 1° SaintéLyon, et donc un saut dans l’inconnu de l’ultra (je n’avais que 3 marathons plats à mon actif), comment envisager de faire ce qu’il convient de dire « un truc de fou »… 😮

J’étais déjà suffisamment impressionné par la distance que j’avais alors à parcourir, par le monde (ah, çà change des courses locales !), par les conditions nocturnes que j’allais alors expérimenter.

Seulement, voilà, une SaintéLyon 2009 avec de bonnes sensations par là, un ultra des Coursières (103 km) par ci (accompagné alors de ces 2 compères), puis un marathon de Lyon raté en Octobre, et me voilà faisant partie de ce groupe pour l’édition 2010 de la LyonSaintéLyon.

Pour rappel, çà consiste à se rendre au point de départ de la SaintéLyon, à pied et en faisant le trajet inverse. 🙄

La veille de notre escapade, je récupère fulgurex, à qui j’ai proposé de dormir à la maison, histoire d’être plus proche du lieu du départ.

Le lendemain, nous nous rendons donc au point de départ (le palais des sports de Gerland) pour 8h.
Là, nous retrouvons nos 6 autres compères.
Nous serons donc 8, que ArthurBaldur a réussi à recruter pour cette LyonSaintéLyon :

– Honneur aux dames… pardon…. à la dame : Cécile dite Barbie (4° sur la photo)

Puis dans l’ordre de la photo :
– Killian
– Pierre
– ArthurBaldur
– Jean-Michel
– Fulgurex
– Biscotte
– et moi-même

Un bon petit groupe qui n’a pas peur du froid (surtout Killian et Jean-Mi, remarquez les jambes) en ce samedi matin.
Le temps est superbe et le soleil est annoncé pour la journée : çà va être super !

Pierre est au GPS et nous guidera pour la trace de la course.

Nous déposons les sacs dans la voiture du papa d’Arthurbaldur, qui assurera l’assistance à Sainte Catherine, puis à Saint Etienne (merci encore à lui).

Après un petit échauffement de la langue sur le 1° km (ben çà parle déjà), nous passons par le nouveau quartier de la Confluence (sans la pointe – terrible au retour avec le vent de face – on ne savait pas que çà passerait par là).
Montée puis traversée de Sainte Foy, et descente par la fameuse « montée » des aqueducs de Beaunant. Qui a dit que c’était difficile ? Non, c’est plutôt cool. Comprends pas… 😮
Déjà plus d’une heure que nous sommes partis.

Nous passons par le parc de Chaponost, sympathique espace vert, ou plutôt espace blanc…

Puis après 2h, la campagne, la vraie. Magnifique blanc immaculé dans les champs, avec les Monts du Lyonnais au loin : de superbes paysages que nous aurons la joie d’admirer tout au long de ce périple aller. 8)

Un peu avant midi, nous arrivons à Soucieu en Jarrest : arrêt ravito/boulangerie/superette.

Ca fait du bien. Mais on est pas arrivés !
Sur la place du village, quelques stands pour le téléthon.

Nous repartons au bout d’1/4h. Prochain ravito « chaud » : à Sainte Catherine par le papa d’Arthurbaldur.
Mes pieds sont alors frigorifiés. Ils arriveront à se réchauffer au fur et à mesure des kilomètres.

Et rebelotte dans les chemins enneigés avec vue imprenable.

Nous passons par Saint Genoux (dont j’aurai le temps de visiter les toilettes au retour… mais chut !). Les bénévoles sont en train d’installer les tentes pour le ravito.

Le célèbre bois d’Arfeuille et sa descente, pardon sa montée ici. La neige n’est pas tassée, çà avance tranquille.

Nous en profitons même pour ouvrir un sujet brulant avec Barbie : la VMA du pingouin. Quand je vous dit qu’il y a du soleil. 😯
J’ai bien pensé à mes lunettes de soleil, mais au chapeau, point !

A Sainte Catherine, le papa d’ArthurBaldur nous accueille avec du thé chaud et nous mettons en commun nos quelques victuailles.
Il est environ 15h.

Nous prenons notre temps, le soleil baisse et il faut poursuivre la route.
La prochaine assistance sera la récupération des sacs à Saint Etienne.

A la sortie de Sainte Catherine, nous attaquons par une méchante montée, que fulgurex apprécie à sa juste valeur en nous mettant 200m dans la vue. Quoi ? Ah ! J’ai cru que la course officielle avait commencé !! 😈

La partie qui suit devient un peu folko : passages de congères d’1 mètre de haut, cheminement dans une neige peu tassée, au milieu des ski de fond et des raquettes. Faut pas trop en sourire, je commence à avoir les lèvres gercées…

Mais, le sublime, la chaine des Alpes et le Mont Blanc, rosis par l’annonce du coucher de soleil. Extraordinaire !

J’arrive à être le seul à glisser une plaque de verglas. Le genou en prend un coup, il me le rappelera sur le matin, sur la course « officielle ».

L’arrivée sur Moreau est précédée d’un magnifique coucher de soleil sur les hauteurs de Saint Etienne, pendant que nous marchons dans la neige.

Ca fait un peu Antartica sans les sapins ! Et les pingouins, ils sont où ? 😳

A Saint Christo en Jarez, nous profitons de la fin de l’installation du ravito et de l’accueil des bénévoles. Sympa. 🙂

Il fait nuit maintenant, et nous ne trainons pas. L’écurie n’est plus très loin.
Mes pieds sont à nouveau gelés d’avoir marché dans la neige fraiche. Ils auront du mal à se réchauffer. Et les doigts s’y mettent aussi…Grrrrr. Nous marchons ou courons pourtant vite, mais çà chauffe pas beaucoup. Fatigue ?

Au bout de 4/5km, çà y est, çà va mieux. Un bon test pour le retour. Je démystifie alors ce passage dans la neige et la nuit pour tout à l’heure.

C’est maintenant la descente sur Saint Etienne.
La traversée de Sorbiers, puis de la zone commerciale/industrielle est difficile.
A cette heure ci, les voitures ne sont pas arrêtées, nous n’avons donc pas tout le boulevard pour nous ! 👿

Et comme les trottoirs ne sont pas dégagés, nous cheminons au bord du boulevard :

* en file indienne
* face aux voitures
* en respirant l’air « pur » : quel contraste après notre passage dans les monts du Lyonnais !

Il fait faim ! 😛

Les derniers virages et enfin, la ligne d’arrivée… pardon… de départ.
Personne ? Si ! L’organisateur mimisoso est là pour nous accueillir, et nous tirer le portrait sur la ligne.

Voilà, déjà la moitié de faite !

Après avoir récupéré nos sacs dans la voiture de « l’assistance spéciale aller », nous pensions retirer nos dossards, mais… l’organisateur le fera pour nous (pour cause de file d’attente interminable…..). Merci à lui.

Allez, il faut se remplir l’estomac, se changer, se reposer (un peu).
Pour çà l’AAB c’est top (j’avais déjà remercié les gentils organisateurs l’an dernier, je ne le ferai donc pas cette année… Enfin, si blob ou mamanpat passent par là, qu’ils soient remerciés…).

Quelques koukous à quelques kikoux : notamment looping, christof, fimbur que je revoie avec plaisir. J’aurais bien aimé discuter et faire connaissance avec d’autres kikoux mais l’estomac et surtout l’envie de repos étaient plus fort (sans parler de la légère inquiétude pour le retour).

Les pâtes et la tarte au pomme ont du mal à passer. Ce n’est pas tant d’apprendre que je ne suis finalement pas élu au CA 2011… mais l’estomac a été secoué ce jour, et comme je suis un peu fragile de ce côté là… Je le verrai bien plus loin…

Pas moyen de faire un dodo, je m’allonge tranquille tout au plus…
On fera avec. 🙄

Minuit approche, après révision de la tenue, nous nous dirigeons vers le hall pour déposer les sacs dans les bus.
On doit se retrouver avec fulgu ensuite mais… mon bus est full. Il faut en choisir un autre, çà cafouille et je me mets un temps fou à arriver à déposer mon sac. 🙁

Je ne retrouve pas le fulgu comme prévu, un coup de fil : messagerie…

Ne voyant aucun de mes compagnons, je comprends qu’au milieu de toute cette foule, je vais la jouer solo dans tous les sens du terme…
Du coup j’essaie de me placer plus près de la ligne de départ.

J’allume ma montre GPS : plus de batterie ! 👿 Je l’avais chargée à bloc la veille. Le froid de la journée aura eu raison de son autonomie…
Ca me mine un peu, je ne pourrai pas gérer la course comme j’aurais voulu le faire (déjà eu le cas sur une course de 15km, mais là c’est autre chose).
Seul mon téléphone m’indiquera les temps de passage à chaque ravito (non ? çà ne sert pas à çà un tél ?)… Bref, on se débrouillera !

Côté vêtements, j’étais parti avec 3 couches mais connaissant la fin de notre périple aller, je me dis que 2 suffiront (je vais pouvoir tester le maillot d’une célèbre marque japonaise).
Et à 10 secondes du départ… j’enlève ma veste jaune en vitesse….

Une petite discute avec un concurrent qui remarque mon logo LSTL 2010, et…

PAN, c’est parti ! Accompagné d’une musique de U2 !…

Saint Etienne – Saint Christo : 1h55

Je mets à peu près 3 minutes à passer la ligne de départ, celle où nous étions pris en photos il y a un peu plus de 4h.
Sensation étrange de se retrouver dans l’anonymat d’une foule euphorique et inquiète du terrain qui sera traversé. Je me sens en déphasage et me demande presque ce que je fais là. 😮

A peine 500m de courus, et ma cheville commence à me lancer. Quelle est cette plaisanterie ?
C’est vrai que j’ai une cheville fragile depuis une chute en ski en 2006. Et notre périple dans la neige a dû la fragiliser un peu.
Qu’importe, je garde confiance et me dis qu’en m’échauffant, la douleur va disparaitre.
Ce qui se produit en effet au bout de 2 km, et fait remonter le mental.

Cette première partie sur bitume se passe bien, je suis bien rentré dans la « vraie » course.

A la première montée vers Sorbiers, la douleur revient… puis repart à nouveau. Elle jouera ainsi à cache-cache.

Nous cheminons ensuite dans la neige. Tiens çà me rappelle quelque chose…
Sur le bas-côté, certains concurrents chaussent alors les yaktrax.

Je me sens bien et me dis à ce moment là que je peux tenter les 9 heures, mais sans pression. L’important est – bien sûr – de boucler cet AR.

Arrivée à Saint Christo, j’étais gelé ici à l’aller. Ce n’est pas mieux au retour.
Je prends le temps d’attraper quelque chose (je n’ai que du froid ! Un coca -c’est ce qu’il me faut-, un TUC).

Je repars en marchant, le temps de manger solide calmement.

Saint Christo – Moreau : 2h53

Une alternance de bitume et de chemin enneigés, sans fait particulier, nous amène à Moreau.

Tiens, il me semblait que le ravito était supprimé et que nous passions au dessus de la ferme ??

Finalement, ce ravito au thé chaud me fait beaucoup de bien (le coca de tout à l’heure, bien que sucré, n’a pas l’air d’être apprécié par mon estomac).
Ici aussi je prend mon temps et repars en marchant, le temps de (ré)chauffer l’appareil digestif.

Moreau – Sainte Catherine : 3h51

On attaque à présent l’ascension du point culminant, là où nous avions de magnifiques couleurs après le coucher du soleil côté Saint Etienne.

Les passages sont forcément beaucoup plus tassés, mais je m’attendais à mieux.
Les appuis sont encore bien malmenés, ce qui n’arrange pas ma cheville un peu douloureuse.
Là, je me dis que çà sera plutôt du 9h30. Pas de pb, du moment que j’arrive au bout…

Ce qui est bien avec notre étiquette sur le dossard et le sac, c’est que çà crée des rencontres.
Un concurrent m’aborde et nous échangeons sur l’aller que j’ai fait en équipe la veille.
Du coup, je l’informe des passages plus délicats que nous allons rencontrer.

Et là, qui se retourne 2 places devant ? Mon Jean-Mi Touron, qui a entendu la conversation.
Ah, enfin un rescapé du groupe, je me sens moi « seul » dans l’anonymat.

Jean-Mi me dit qu’il est un peu cuit, son début de course a été difficile.
Allez, à 2 on va être plus forts…

De fait, nous cheminons ensemble jusqu’à Sainte Catherine. Juste avant la dernière descente, les congères rencontrées à l’aller ont disparues (le quad a dû passer par là).

Jean-Mi arrive à tomber sur la même plaque de verglas que moi à l’aller… 1 partout 😆

Au ravito, nous rencontrons Mamanpat, qui repart devant nous (elle avait dit qu’elle ne trainerait pas à chaque arrêt).

A nouveau un thé chaud, mais pas de solide que j’ai du mal à avaler.

Sainte Catherine – Saint Genoux : 5h31

Puis nous repartons, toujours avec Jean-Mi, à l’assaut de la montée au sortir de Sainte Catherine.

Les choses vont se compliquer maintenant. 😕

Mes crampes d’estomac se font de plus en plus violentes.
Je ne m’inquiète pas plus pour autant : l’an dernier, à peu près à cet endroit, je ne me sentais pas en super forme.
Puis, à coup de coca, j’avais pu revenir dans la course avant Soucieu pour bien finir.

Oui mais l’histoire ne se répète pas…

La descente du bois d’Arfeuille est terrible pour beaucoup d’entre nous.

Avec Jean-Mi nous rattrapons Mamanpat et cheminons tous les 3 maintenant.
Ca se bouscule les uns derrière les autres, chacun essayant de ne pas tomber tout en s’accrochant aux arbres.

Petit coup de bambou à ce moment là, je laisse partir Mamanpat et l’ami Jean-Mi (qui a l’air d’avoir pu sortir de sa « cuisson »).

La course est en train de se jouer là pour moi… 😕

Les relais passent en se lachant dans la descente, impressionnant ! J’aimerais bien faire comme eux mais je sens ma lucidité moins présente.

Je reviens sur Mamanpat. Puis la dépasse sur un chemin dans une des descentes « Attention Pat, faut pas tomber ».

Le passage délicat passé, j’attend avec impatience le ravito de St Genoux.
J’ai du mal à boire et pourtant, malgré les températures, je sens que je me suis déhydraté. Le mal de bide est encore plus fort, je n’arrive pas à avaler ne serait-ce qu’une demi-barre.

Comme l’an dernier, ce ravito met une plombe à venir. Et comme l’an dernier, le mental en prend un coup…
Je sais que je suis dans le dur de la course, mais optimiste à ce moment là, je vais me refaire peu avant Soucieu (j’ai dit que l’histoire ne se répétait pas pourtant).

500m avant Soucieu, un cortège de couverture de survie (!) rebrousse chemin et regagne le poste de sécurité.
Bon sang, pourvu que je ne sois pas obligé d’en arriver là : -10 points pour le mental. Faut s’accrocher.

Enfin le ravito de Saint Genoux.
Je regarde l’heure, 5h30 : l’an dernier j’étais à Soucieu. Mon mal de ventre me fait plus penser à « est-ce que je vais finir » plutôt qu’à « combien je vais mettre maintenant pour arriver« .

Je me force à prendre un demi coca, puis un bout de barre, sans grande conviction.

Quelques étirements, un peu de calme= »je travaille le mental ».

Mais j’ai froid, et il me faut repartir même si j’en ai pas envie.

Je fais 300 m et juste avant d’attaquer la petite côte en marchant, je vomis tout (désolé).
J’ai la tête qui tourne et ai envie de m’assoir sur le bas-côté. Je repense à ces concurrents de tout à l’heure, emmitoufflés dans leur couverture de survie, qui regagnaient le poste de sécurité : JE NE VEUX PAS QU’ON M’EMMENE EN « AMBULANCE » 😥

Ni une, ni deux, je fais demi-tour, et fonce aux toilettes (heureusement il y en a une de libre à ce moment là) pour faire la vidange complète sans attendre la révision des 20000 (très classe).

Total : je quitte Saint Genoux au bout de 20 minutes avec des kilos en moins, et avec une sensation de limite_hypoglycémie.

Saint Genoux – Soucieu : 7h12

Le problème : il reste 32 km et je ne veux pas abandonner (ne serait-ce que par respect pour toute la petite équipe LSTL qui arrivera au bout sans exception).

Je ne suis PAS blessé physiquement, donc je ne peux PAS abandonner.😡

Alors je marche, je marche, et me force à m’alimenter par paliers.
Comme çà risque d’être plus long que prévu, je sors ma radio/MP3 et me branche sur une radio musicale « pour les jeunes », histoire de se booster un peu.

Je me remémore le mental de l’an dernier, qui m’a permis, à partir de Soucieu, de bien finir. Alors j’y crois….

Cette descente sur Soucieu va finalement me paraitre interminable. Pas mal de verglas par endroit et encore de l’accroche aux branches sur des passages délicats, sans parler des nombreuses gamelles dûes au manque de punch.
Je peste à chaque chute que j’aurais pu évitées, c’est çà la lucidité qui se fait de moins en moins présente…

Et dans ma tête : « putain, l’an dernier je courais comme un cabri ici ! ». Quand je vous dis que l’histoire ne se répète pas…

A la radio, 1 flash info toute les demi-heures : j’ai l’impression que c’est toutes les 5 minutes au vu des km parcourus.
L’estomac retrouve un peu de couleur, mais pas suffisamment pour gambader (il n’a plus envie d’être secoué).

Ca double pas mal (enfin surtout les relais).

Je décide qu’avant chaque ravito, je marche 500m avant, pour reposer l’appareil digestif, histoire que ce que j’ingurgite puisse « descendre ».
Puis je marche encore 500m après le ravito… Je ferai donc çà à Soucieu et à Beaunant (là il n’y a pas besoin de courir à la sortie !). Stratégie qui s’avérera la bonne.

L’arrivée sur Soucieu se fait avec presque 2 heures de retard sur l’an dernier. Même s’il n’y a pas lieu de comparer, j’essaie de voir à quelle heure je compte arriver : base 10h/10h30 (je reste optimiste !).

Je reprends un demi-coca et reste au chaud un moment.

Soucieu – Beaunant : 9h19

Je repars en enfilant ma 3° couche. La fatigue m’a rendu plus sensible au froid.

Toujours la musique dans les oreilles, je mets 2 heures à rejoindre le dernier ravito.

Un passage dans une ruelle où un bénévole nous demande de passer dans le fossé, le long du mur, pour cause de jolie plaque de verglas (il y a eu de la casse à cet endroit).

Ca continue à me doubler, mais les dossards deviennent de plus en plus rouges (relais)…
Le classement doit se stabiliser. 🙄

A Beaunant, il est environ 9h20.

Je trouve (enfin) ce qui ressemble à de l’orange (en fait des clémentines) : çà me fait un bien fou ! J’en mange plusieurs.
Un thé chaud, et du salé, j’arrive à mieux manger… enfin…

Petits étirements et je ne traine pas trop.
L’heure d’arrivée est maintenant estimée à entre 10h30 et 11h. Bon « faut que çà cesse » ! Oui mais tant que j’estime l’heure d’arrivée, tout va bien…

Beaunant – Lyon : 11h27

Je repars en marchant vers la fameuse côte.
Evidemment, tout le monde marche et çà me va, là les relais ne doublent pas non plus !

En haut de la côte, un concurrent m’aborde après avoir vu le logo LSTL et me demande si je retourne à Saint Etienne ?
Ah, non, c’était hier ! Et là il faut avouer que j’en ai plutôt plein les pattes.

Justement, au moment de repartir pour courir, je sens comme un blocage au niveau de … la cheville droite. Tiens encore elle !
La douleur commencée à Saint Etienne s’est souvenue de moi… Et le genou de l’aller qui participe à la fête msn_party

Et là, çà m’inquiète plutôt car impossible de courir plus de 50m sans que la douleur s’en ressente, bien que celle-ci ne soit pas vive.

Je comprends alors :

* Qu’il faut que je finisse
* Que si je ne veux pas arriver vraiment blessé, il va falloir marcher … 10 km, donc 2 heures…

Et à nouveau les images de l’année dernière : là j’étais reparti comme un fou, je doublais tout le monde, etc….

J’essaie bien de relancer dans les quelques descentes mais la douleur me ramène à la raison.
Le chrono n’a ici plus aucune importance. Je n’ai pas envie d’être immobilisé 6 mois (enfin, c’est ce que je me dis là) pour rupture du tendon d’achille (on s’imagine de ces trucs !).

Alors je gère ma randonnée (dur pour un « bitumeux » à l’origine). 🙄

10h30, message de fulgurex qui est déjà arrivé depuis un moment et qui me dit où se retrouver au palais des sports.
Je viens de passer le panneau indiquant l’arrivée à 5 km. Je lui indique qu’il va devoir patienter entre 45 minutes et 1h.

La traversée de la Confluence se fait à un rythme moins enjoué que la veille (ah bon ?), avec vent de face.
Ce vent qui se fait plus présent au niveau de la pointe : j’essaie de courir un peu pour abréger les tortures « venteuses ».

Je bascule plein nord, et là, cool, je marche à 8 km/h sans forcer. 8)

Le passage du pont Pasteur, puis le long du Rhône et enfin l’entrée dans la parc de Gerland.

Allez, pour la forme, je cours (doucement, pas de sprint comme l’an dernier) les 300 derniers mètres.
A cette heure-ci, il n’y a plus grand monde sur les côtés et donc pas d’encouragements.

Machinalement, tel le chercheur d’or qui vient de découvrir une pépite, je dis au public « 136km ! » en montrant le logo. Ils doivent me prendre pour un fou. 🙂
Je passe sous l’arche dans une belle indifférence…

Fin des souffrances…

Je récupère mon tee-shirt de finisher, en demandant si je peux en avoir un 2° pour cause d’aller-retour.
Négatif ! Le bénévole me regarde comme si j’étais un joyeux plaisantin !

Un pain d’épice, un coca (enfin frais, mais pas froid) et retrouve fulgurex en plein somme, puis vais récupérer mon sac.
Jean-Mi est là aussi.

Nous nous retrouvons peu à peu tous les 8, au fur et à mesure des arrivées.
Bravo, 100% des gagnants ont tenté leur chance.

C’est çà qui est génial ! 😀

L’après course

Je suis arrivé bien vidé sur ce coup là. 😛

Fulgu et Jean-Mi proposent de faire une pizza : non merci…
ArthurBaldur et Biscotte proposent de se retrouver chez le premier : non merci…

A tel point qu’il faut que je dorme AVANT de repartir en voiture vers mon domicile (heureusement que mimisoso l’organisateur m’a réveillé sans le faire exprès, en décrochant une banderolle sous laquelle je me trouvais).
Puis à peine chez moi : dépot des sacs, douche et dodo 4 heures sans demander mon reste.

Pour l’anecdote, ma femme aura pu me suivre en partie pendant la nuit, certains des enfants et elle ont été malades (une gastro ??? Serait-ce çà à Saint Genoux ??? Pas sûr…).

Quant à moi, l’estomac mettra 3 jours à reprendre une « activité normale », en tout cas moins vite que les jambes.

En tout cas, une extraordinaire expérience humaine, physique et mentale. Nous étions un super groupe et les conditions pour l’aller étaient au top 😀

Un grand bravo à tous les finishers, sans oublier tous ceux qui n’ont pu arriver au bout de cette (terrible) édition 2010. C’est dans ces cas là où l’on se rend compte que le chrono importe peu…

Je ne sais pas encore si je le referai l’an prochain (mais je disais la même chose l’an dernier en finissant ma 1° SaintéLyon…). Je pense pourtant avoir découvert quelque chose de plus dans la gestion du mental…

En chiffres, cette LyonSaintéLyon 2010, c’était pour moi 136 km, 23 heures cumulées de course, 36 heures sans dormir…

Oui, je veux bien passer pour un « malade », mais attention, on joue alors à « c’est celui qui dit qui y est » pour l’année prochaine… (Relisez le début !) 😆

Tidgi. 🙂

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