Bon  d’accord ! Dans mon récit je ne parlerai pas de mon genou douloureux, de mon épaule endolorie suite à une grosse chute sur le verglas, de ma cheville qui à doublé de volume, de mes ampoules sous les pieds ou de mes quatre ongles noircis par les chocs à répétition et qui vont tomber dans les mois à venir. Non je n’en parlerai pas, car tout ceci n’est rien en contrepartie du plaisir que j’ai eu à participer à cette belle aventure qu’est la LyonSaintéLyon.

Episode 1 : l’aller
Lyon samedi premier décembre, 8 heures du matin, parking du palais des sports de Gerland, nous sommes vingt (nombre maxi déterminé par l’organisation) à écouter les dernières recommandations du Sieur Arthur, le maitre de cérémonie. J’ai plaisir à retrouver des connaissances « trailistiques » avec lesquelles j’ai partagé des moments de course.
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Une photo pour la postérité puis départ à 8h30 par le quartier de confluence. Le soleil se lève le ciel est bleu, il fait zéro degré et la ville se réveille tout doucement. Nous trottinons vers notre destin : Saint-Etienne à 70kms de là.
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Une bonne quinzaine de kms sur le bitume avec un passage devant les aqueducs de Beaunant, dernier ravito sur le chemin du retour. La descente est agréable, mais dans quelques heures ce sera notre dernière montée (et là nous pourrons nous autoriser à pester).
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Les kilomètres s’égrainent lentement dans une ambiance calme et bon enfant. Nous attaquons enfin les chemins, détrempés pour la plus part. Voilà une semaine qu’il pleut sur notre région. Prudence, ne pas tomber pour ne pas se faire mal afin d’arriver au bout.
Avec les kms qui nous éloignent de la capitale des Gaules nous prenons de l’altitude et l’eau qui ruisselle par endroits s’est transformée en plaques de verglas (bien graver leurs emplacements dans un coin du cerveau pour le retour !).
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Midi nous sommes à Soucieux pour un petit arrêt à la boulangerie afin de profiter d’un autre plaisir de la vie : manger (hum ! que ça fait du bien un bon jambon-beurre).

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Il ne faut pas trop tarder car la route est encore longue. Nous voici donc repartis dans les bois et chemins ou nous prenons toujours de l’altitude. La neige se rapproche. Elle commence à être présente en bas du bois d’Arfeuille. Elle craque sous nos pieds. Dix, puis vingt centimètres jusqu’au ravito de Ste. Catherine.
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Nous avons mis en commun de la nourriture (spécialités de nos régions). Et là mes amis c’est noël avant l’heure ! Un ravito gargantuesque, charcuteries, fromages, fruits, gâteaux  maison, rouge, champagne, brésiliennes ! Ah non, pas les brésiliennes…Bref il nous faudra bien du courage pour repartir !
Arthur, dans le rôle du père noël, nous offre à tous, et cela  grâce aux partenaires, des dossards pour des courses futures. Pour ma part je décroche celui du trail de Verbier St. Bernard. (Quel pied moi qui rêvais de le refaire !). Cadeau supplémentaire, une frontale Led Lenser H7, surement l’une des meilleure du marché ! Merci encore.

Ce n’est pas le tout mais il reste 28kms. Toutes les bonnes choses ont une fin, et l’heure du départ à sonné. Dehors il fait toujours aussi froid, mais cette neige avec le soleil rendent ces monts du lyonnais magnifiques. Le rythme n’est pas trop rapide mais le manque d’appuis du au sol glissant met à mal les organismes. (Cette dépense d’énergie risque de nous faire défaut pour le retour) Nous sommes tellement bien ensemble que nous prolongeons un peu le parcours en nous perdant dans les bois (+ 2kms).
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Le jour s’achève et laisse place à un ciel étoilé. Nous entamons notre descente sur Saint Etienne. Passage par St. Christo, avec les lumières de la ville en contrebas (ça sent l’écurie !) Plus un mot sur les 7 derniers (et interminables) kilomètres. La voilà ! Elle est là l’arche de départ (qui pour nous est celle de l’arrivée !)
73kms, la moitié du défi. Quelle journée fantastique…

Episode 2 : le break
Pour faire court, 21h arrivée, 21h30 photos sur les stands des partenaires (Lafuma, Terre de Running) 22h récupération des sacs, 22h30 pates à la carbo au resto le Flore dans l’antre des Kikourous, 23h30 dépôt des sacs dans les camions pour le retour 23h45 attente sur la ligne de départ en fond de grille en compagnie de Fred et Gilles.

Episode 3 : le retour
C’est une grande première pour moi, passer la ligne de départ en étant le dernier (laissez j’éteindrai !). Puis je m’élance à l’assaut du peloton histoire de grapiller quelques centaines de places avant la première montée. No stress, le seul but pour moi est de réussir l’aller retour dans la barrière horaire.
Premier ravito, tout roule, j’ai trouvé l’énergie suffisante pour continuer malgré le froid et les pieds mouillés depuis ce matin.

Je suis maintenant dans la neige sur la crête, le vent et le brouillard se sont levés. Enfin plus exactement, le vent se lève et le brouillard, lui tombe. J’ai les doigts gelés, même les gants chauds ne font plus barrière. La fatigue est belle et bien là et avec elle l’envie de dormir. Trois heures du matin, le bonnet vissé jusqu’au cou la capuche par dessus, je suis dans mon scaphandre, je rentre dans ma bulle et je tourne le potentiomètre de mon cerveau pour le mettre en mode éco. La seule fonction encore allumée est courir, allez Forest…
Les kilomètres sont finalement passés et le jour se lève. J’ai descendu le bois d’Arfeuille et donc avec les souvenirs de la veille, il n’y a plus de neige jusqu’à Lyon, mais ça c’est sans compter sur les caprices de la météo. Le ciel gris commence à déverser ses flocons sur les pauvres retardataires que nous sommes, masquant ainsi les plaques de verglas. Courageux, je n’hésite donc pas à tester et vlan ! Le genou qui claque sur le sol avec le bras à l’envers. Non ! N’insistez pas la haut ! J’ai décidé d’aller au bout et rien ne m’arrêtera.
La ville est là et avec elle la fameuse cote de Beaunant (facile finalement !) puis descente par Sainte Foy ou je continue de bavarder avec les autres concurrents.

Dernière ligne droite, les fameux quais. Les pieds sont vraiment à la limite mais je trottine quand même. Un km avant l’arrivée je retrouve Gilles qui vient à ma rencontre et nous discutons de cette superbe aventure jusqu’à mon arrivée.

Ouf ! C’est gagné ! Malgré le manque de lucidité, je savoure pleinement le dénouement de ce défi.
Il est temps de rentrer, le week-end à été long et le débriefing peut attendre, il prendra d’ailleurs  des jours pour classer tous ces moments de vie qui font nos souvenirs.

La LyonSaintéLyon, j’en ai rêvé des nuits et Arthurbaldur ma laissé la chance de pouvoir écrire ensemble une nouvelle page dans l’immense histoire de l’Ultra Trail. Merci encore à tous…

Ma LSL en quelques chiffres :
0 degré de température
1 chute
2 guêtres à la poubelle
5 couches de vêtements
20 potes complètement allumés
25  heures de course
35  heures sans dormir
144 kilomètres
3400 mètres de dénivelé positif
3400 mètres de dénivelé négatif (ça c’est plus facile)
10000  souvenirs de bonheur

 
« Plus tard, vous pourrez raconter à vos petits enfants que vous avez fait la LyonSaintéLyon et voir briller leurs yeux. Oh papy c’est vrai ? Tu l’as fait ?  » Arthurbaldur.

Oui je l’ai fait !

Runslow. 🙂
runslow.sportblog.fr

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