LyonSaintéLyon 2012 by TurtleRunForFun

Une tortue perdue dans la neige !

Dimanche 2 décembre, 16h.

Plongé dans ma baignoire, je réalise petit à petit ce que j’ai vécu ces dernières 36h. A mon humble niveau, un truc de dingue, un petit rêve, ce genre de projet qui s’insinue dans notre esprit et qui nous donne l’envie d’avancer, qui colore notre horizon : la LSTL.

Un bref retour. Mars 2012 : ma première rencontre kikouresque, arrivé sur Lyon depuis qq mois, j’ai décidé de passer outre ma réserve naturelle, de rencontrer des gens !!! Un off LUT avec Tidgi, Arthurbaldur, Zeze69 et Lalan. Rapidement, la discussion s’oriente sur la traditionnelle Saintélyon. Et doucement dérive sur la LSTL, Arthurb oblige !! Et je m’entends lâcher « Je veux la faire ! » Comme ça, sans préambule, comme si c’était une petite sortie, genre rando club des joyeux baladins bourguignons… Ben voyons. A cette époque, j’ai un tel vécu Cap : qq 10 km et 2 semis. A part ça, Trail : 0 et course de nuit : 0 (sauf si les retours de boîtes de nuit à 4h du mat’ que j’ai connus il y a 10 ans qd j’étais étudiant compte. Non ? Ah bon…) donc 140km, même pas peur… J’ai 8 mois pour me préparer.

Un Lut version 23km, une course nature 18km, une nuit des Cabornes version 25km et un marathon de Francfort plus tard, nous sommes début novembre. Je suis beaucoup moins sûr de moi déjà, j’ai peut-être vu grand sur ce coup… Certes, j’ai fait des progrès sur certains points, notamment concernant l’alimentation, mais physiquement, ma prépa « une sortie quand j’y pense, et une-par-semaine-c’est-déjà-bien » ne semble pas vraiment adaptée… Seul avantage, avec mon boulot de nuit, je ne serai pas trop décalé.

J-6 : pour la première fois de ma vie, je suis un régime « pâtes-dodo-patates-dodo… »

Vendredi 30 novembre. J’ai préparé mes sacs, fait la cuisine pour le ravito aller de Ste-Catherine. Qq coups de téléphone à mes proches pour les rassurer ( « Pas de soucis, je n’ai jamais été aussi bien préparé !! ») et au lit à 20h (une autre grande première par rapport aux 3hdu matin habituelles)

Samedi 1er décembre, 4h. Plus moyen de fermer l’œil, j’ai beau tourner dans tous les sens, pas moyen. Le coup de téléphone de mon patron à minuit (pour savoir si tout se passait bien au travail !) m’a un peu dérangé (faut bien se trouver des excuses), ma courte nuit fut donc agitée. Cela me laisse le temps de vérifier à nouveau les sacs, d’emballer tarte et brioche confectionnées spécialement pour le ravito de Ste-Catherine.

7h50 : sortie du métro à Gerland, mon regard de myope endormi scrute fébrilement les parkings environnants à la recherche des 19 fous furieux censés (et non pas « sensés ») effectuer cette promenade de santé de bon matin. Au loin émergent de sveltes silhouettes aux couleurs vives. Ca doit être eux, suppose mon cerveau ultrasonique à cette heure-ci. Qui d’autre pour se donner rendez-vous si tôt dans le froid sur un parking sordide, me direz-vous. De brèves salutations, qq mots échangés (pas facile de retenir tous les noms, faudra prévoir des petites étiquettes la prochaine fois !) et voilà le G.O. et sa team. Distribution des buffs et des stickers « LSTL 2012, pour amateurs (un peu trop) éclairés » même si l’adjectif « allumés » me paraît mieux convenir à la situation.

8h30. Tout le monde (-1) étant arrivé, direction le parvis du palais des sports pour la traditionnelle photo et zou c’est parti mon kiki(kourou) avec Arthurbaldur en meneur d’allure et Tidgi en responsable GPS, Biscotte devant dans un premier temps s’occuper de son poussin malade.

Bonne humeur à tous les étages de la fusée LSTL. Je papote un peu avec Fulgurex et Tidgi, que je félicite pour son marathon vénitien malgré des conditions climatiques délicates. En parlant météo, le ciel est dégagé, le thermomètre indique 0°, le soleil pointe le bout de son museau. Le paysage urbain qui défile sous nos yeux est franchement moche et j’imagine bien alors que le lendemain ce passage risque de me paraître interminable. Nous cheminons, cœurs vaillants, vers notre but dans un rythme plutôt cool qui me convient parfaitement après 2 semaines d’inactivité presque totale. La rencontre avec des bénévoles qui nous annoncent de la neige sur le parcours et des portions non dégagées, n’entame pas le moral de notre bande de joyeux drilles. En discutant avec une partie de mes compagnons, je constate qu’ils ont tous couru au moins une course de + de 100km. Je suis donc un peu la Jeanne d’Arc de ce groupe (pour l’expérience, pas pour la coupe de cheveux, quoique…), entouré de vieux briscards qui me rassurent « Tu verras, c’est toujours dur la première fois, mais ça va passer ! »

Pendant ce temps le paysage défile doucement, descente de l’aqueduc de Beaunant, parc de Chaponost et sa passerelle de fortune (un grand volet blanc en bois, encore propre mais dans quel état sera-t-il le lendemain ??), vue sur les premières neiges décorant joliment les monts du Lyonnais. Notre compagnie s’arrête le temps de qq photos puis nous franchissons le Garon chacun à notre manière, c’est-à-dire, pour 17 d’entre nous en utilisant la passerelle prévue à cet effet, et pour Fulgurex en nous faisant admirer sa détente de chamois côte d’orien grâce à un bond au-dessus du cours d’eau. A partir de là, plus de points de repère pour Pépère, je n’ai jamais mis les pieds au-delà le pont de pierre. Tel un hobbit sortant de sa Comté (j’essaie de suivre la mode du moment), je suis le mouvement qui nous mène à Soucieu et sa « fameuse » boulangerie dont Tidgi me parlait déjà au mois de mars « Prévois qq euros pour acheter un flan !! » En disciple bien élevé, c’est ce que j’ai fait, or je sens vite que je ne suis pas le seul au courant de la combine. A l’approche de la cible, il règne une atmosphère de sprint de bonification de Tour de France et, malgré ma casaque verte, ma pointe de vitesse n’a rien de légendaire ! Tidgi décide d’emmener le peloton à bon rythme pour annihiler toute velléité ou toute échappée, suivi de près par Oslo. Seront durs à mater ces 2-là. Finalement, le sprint n’a pas lieu, les trottoirs de la commune ne permettant pas de grandes embardées. Tidgi est donc le 1er à pénétrer le temple du flan et là HORREUR ! TRAITRISE ! Que personne ne sorte, qui a acheté les dernières parts de flan ! La grande prêtresse en tablier blanc est en fait un oiseau de mauvais augure. Le coup est rude, certains sont proches de la défaillance, d’autres plus vindicatifs crient au scandale « Que fait l’organisation ? Publicité mensongère !!! Remboursez nos in-vi-tations !! » sont qq uns des slogans qui retentissent dans l’espace sacré de ST-Honoré. La révolte gronde parmi les camarades pas tous syndiqués !! Finalement, un pain aux raisins et un pain bagnat bien calé dans l’estomac calment mon angoisse grandissante. 1 bisou de la part d’un pitchoune d’un des membres du groupe et notre boys’band et notre LSTLgirl repartent la fleur au fusil, l’estomac rempli et le sourire aux lèvres (c’est mieux que l’inverse…)

Viennent les nouvelles portions du parcours avec pour commencer un joli toboggan et son lot de commentaires : + ou – technique que le bois d’Arfeuille ? Bois de la Gorge et bois de la Dame, la STL est-elle une course réservée aux +de 18 ans ? Et toi, au fait en voyant cette descente tu la préfères blonde ou brune ta bière ?

Je me laisse porter par la bonne ambiance règnante. Comme d’habitude, je suis plus spectateur qu’acteur, j’écoute, je profite des conseils, je lève le nez pour admirer la nature environnante. Athue a tjs le souci de discuter avec chacun d’entre nous. Les 1ères traces de neige apparaissent au bois d’Arfeuille n’entame pas la bonne humeur. Si la moindre trace de bitume semble ravir Oslo, Fulgurex est comblé par la vue de ce blanc manteau. Personnellement, je reste + mitigé, certes je voulais une STL inoubliable pour une première, mais je ne possède pas un sens de l’équilibre inné.

A l’approche de Ste-Catherine, compère Biscotte nous rejoint. Il me semble que nous commençons tous à fatiguer légèrement et le froid qui s’installe nous incite à accélérer pour nous mettre au chaud sous la tente de ravito gentiment mis à notre disposition par les organisateurs. EN fait ce n’est pas une tente, mais la caverne d’Ali Baba. La famille d’Arthur nous a préparé un festin avec toutes ces victuailles. Il y en a tellement que difficile de savoir par quoi commencer : soupe, saucisson, chiffonnade, pain, gâteaux, tartes, pâtisseries orientales, etc. Quel délice !! Nous nous mangeons tout notre soûl en compagnie de certains bénévoles qui nous prédisent des heures plus difficiles dans les km à venir, la trace n’étant pas faite, les quads ne parvenant pas à circuler !! Mais l’heure est aux réjouissances et aux anniversaires de Biscotte et d’Anthony. Allez champagne !!! Et cette année le père Noël est en avance et plutôt généreux, pour info il s’appelle Jean-François et le reste de l’année est + connu sous le pseudo d’Arthurbaldur : chaque participant se voit remettre une frontale h7 de led lenser et un dossard offert par Extrasport pour une course en 2013. LUT, Trail des cabornis, Verbier St-Jacques, Des forts de Besançon,… De mon côté j’ai la chance de tirer un dossard pour la 2ème édition du grand trail de St-Jacques.

Mais après tous ces plaisirs, il paraît qu’il faut repartir, que notre but n’est pas atteint ??!? Quoi ? On ne peut pas rester au chaud, se contenter de la Saintexpress ?? Zut… Nous voilà de nouveau sur les routes ou plutôt les chemins. Le ton est vite donné avec une magnifique plaque de verglas immédiatement à la sortie de la tente ! Et à qq mètres de là, la neige ! Mais pas qu’un peu !! Genre de la neige jusqu’au genou !! La suite du chemin n’est qu’un remake trailesque de Blanche-Neige et les 19 Nains en 4D, Héhi hého on sort du ravito !!! Le jour décline, les frontales commencent à s’allumer. Nous croisons des bénévoles qui tentent de dégager le chemin. Bon courage à eux. Plus loin, nous croisons un groupe de personnes qui s’échinent à dégager un 4*4 coincé dans la poudreuse !!

Parfois on se demande bien où nous devons passer, coincés par des congères de 80cm que nous escaladons. A proximité de Moreau, nous hésitons sur le chemin à prendre devant ce tapis blanc immaculé. Difficile d’imaginer alors que 10000 décérébrés passeront par là dans qq heures. J’ai parfois l’impression de patauger littéralement, mais rien n’arrête notre marche ou presque. L’arrivée à St-Christo et la pause sous la tente du ravito est la bienvenue. La neige est moins importante, mais nous avons croisé des mini-patinoires, de vrais pièges dans la nuit qui s’est maintenant installée. 1 mandarines, 2 tartelettes et le sourire des bénévoles nous ragaillardissent pour le finish. Malheureusement pour Damien, un des 19 forcenés, le reste du chemin ne sera qu’un long calvaire jusqu’à Sainté en raison d’une vilaine douleur qui s’est réveillée. Un embranchement loupé et nous voilà un peu paumés. Rien de bien grave en fait juste qq hectomètres de détour par le bitume où Jean-Mi nous accompagne en vélo. Lui aura fait l’aller sur 2 roues, il aura bravé des passages difficiles et nous aura bien soutenus.

Au loin nous apercevons les lumières de Sainté et même un feu d’artifices certainement en notre honneur. Mince, on doit être sacrément en retard !! La descente sur Sorbiers nous offre qq moments de pure glisse, j’ai des progrès à faire pour les J.O. de Sotchi ! Viennent alors les derniers km qui comme les premiers sont d’un ennui… La lassitude s’installe, je crois que nous en avons tous marre, hâte d’être arrivés, d’être au chaud au Flore. Nous sprintons à 11km/h environ sous le regard soit amusé, soit incrédule des Saintexpressiens qui s’en vont à Ste-Catherine. Et enfin, la ligne d’arrivée de notre périple à 19. OUF ! Une petite photo pour célébrer le moment, c’est nous l’élite de l’aller !!

Il faut à présent satisfaire les sponsors sur les stands. Clic-clic, merci pour tout et maintenant à la bouffe !!!!!!!!!!!!!

Douce chaleur et calme régnant, nous sommes au Flore. Je ne sais pas quelles têtes nous avons, mais apparemment nous ne semblons pas frais-frais. Un petit bonjour aux visages connus Elcap, le maître de cérémonie et Me Nini (merci à vous !), Arclusaz, Ogo, Jean-phi, Sebmelalix et j’en oublie désolé. Je suis devenu un estomac sur pattes fatiguées !! Et je suis inquiet (tiens, ça ne change pas ). J’ai du mal à m’imaginer refaire le chemin à l’envers et mon comparse Ludo est dans le même cas. Ce n’est pas trop engageant tous ça et les mines fatiguées des habitués de la LSTL ne m’incitent pas à un grand optimisme. Je tente alors l’appel à un proche pour me rebooster. Plus de batterie, le froid a eu raison de mon téléphone des piles de mon appareil photo et de ma montre. Aïe ! C’est mal barré les amis !

Mais même sans montre, je sais que le temps passe, qu’il faut songer à se changer et à mettre le sac en consigne avant 23h. Il faut de nouveau affronter le froid, NON, veux pas, veux ma couette !!! MOMAAAAAAAAAANNN !!!!

A l’atmosphère conviviale du Flore succède l’ambiance « volailles élevées en batterie » du parc des expos, forcément le décalage est flagrant !! Perdu dans ce hall, je cherche des visages connus. Par hasard, je retombe sur Ludo. On décide de se motiver mutuellement, mais de son côté je sens qu’il a déjà abandonné ( ce qu’il fera officiellement au premier ravito). Le but est d’atteindre à chaque fois le ravito suivant et d’essayer de pousser comme ça jusqu’à Lyon.

23h50 pris dans le flot des concurrents, je me laisse porter jusque dans un sas. Lequel ? je n’en sais rien, j’y suis, c’est tout. Dans cette marée humaine, je me sens seul, je suis fatigué physiquement, mais surtout émotionnellement. Quand la musique de U2 retentit, j’ai les larmes aux yeux, impossible à contrôler (je connaîtrai cette même émotion en visionnant des vidéos du départ les jours suivants la course…) Je ne peux pas dire qu’il se passe trop de choses dans mon cerveau, à ce moment je suis un poisson rouge perdu dans un océan de lumière, je me sens juste vide. J’avance tel un automate, doublé dans tous les sens. Il me faut 2 bons km pour émerger de cet état léthargique. J’adopte un rythme de croisière lent de toute façon, pas moyen d’aller + vite. J’essaie d’être prudent, de ne pas chuter dans la côte après Sorbiers. Par moment je me retourne pour apprécier la farandole lumineuse qui s’étire. C’est beau, c’est donc ceci la STL !

St-Christo : la queue pour entrer sous la tente est bien trop longue et j’ai peur de ne pas pouvoir repartir si je m’arrête, je verrai au suivant. 1 ou 2 chutes + loin, Fulgurex me double, il semble bien. Un petit mot d’encouragement et le voilà qui galope dans la neige ! Je suis surpris de l’état du parcours. Certes il y a beaucoup de chutes tout autour de moi et ZIP, me voilà aussi les fesse par terre, mais malgré tout l’orga a réussi à libérer des passages en un temps record. Chapeau bas Messieurs. Vous avez tous vécu ou lu les conditions de course, mais entre notre aller et le retour, elles ont profondément évolué. En tout cas, je ne reviendrai pas ici sur le débat qui agite le forum course dangereuse ou pas. De mon côté, j’essaie d’être aussi prudent que ma fatigue me le permet. Quand qq’un tombe à mes côtés, je l’aide à se relever ou je reste près de lui, l’inverse est vrai aussi.

Ste-Catherine : je ne vais pas si mal que ça, au diable le chrono, juste finir et je le vivrai comme une victoire ! Une soupe et c’est reparti. Au bout d’un km, je ressens mes premières douleurs aux pieds, au niveau des voûtes plantaires. Le diagnostic ne se fait pas attendre : 2 belles ampoules sous chaque peton, des fois que ma frontale ne soit pas suffisante j’ai des décidé de rajouter de l’éclairage au sol !!! Arthur me double un peu plus loin. Ca fait plaisir de rencontrer un visage souriant à ce moment. La mi-course se rapproche à pas de tortue alors qu’à l’inverse, la somnolence se fait de + en + pressante. J’ai les yeux qui piquent. « Punaise, je piquerai bien un petit roupillon !!» Ca fait sourire les coureurs à côté de moi-même si cette phrase ne restera pas dans les annales de la course ou des futurs manuels de philo (Imaginez un peu « Turtlerunforfun a dit un jour « … ». En prenant soin de resituer la phrase dans son contexte originelle, vous analyserez cette citation à travers le prisme du concept de coureur élaboré en hiver 2012, par le grand théoricien de la Cap et éminent philosophe baugien, Arclusaz » Ca en jette quand même) Trèves de digressions incongrues, je souffre, j’ai l’impression de marcher sur un tapis d’aiguilles et comme je n’ai jamais pratiqué l’acupuncture, je dérouille. Impossible de courir, je me contente de marcher et je serre les dents. Je passe le 3ème ravito sans même le voir et voilà que se profile le bois d’Arfeuille. Comme tout le monde descend au ralenti, je suis dans le rythme pour une fois sauf que moi je suis à fond !!! De la même façon je franchis les 2 autres bois. Arthur m’a de nouveau doublé et encouragé. Le soleil commence à poindre et la neige à tomber. Ben décidément je suis gâté, moi qui voulais une édition inoubliable. J’atteins Soucieu vers 8h40. C’est mon premier repère temporel depuis le départ. Merci l’horloge du gymnase ! Je ne cède pas à la tentation des bancs qui tels des sirènes me susurrent de me reposer. Là encore, je croise Arthur « plus que 3h30 ! » me lance-t-il. Je lui annonce que je vise plutôt 5h vu mon état de délabrement avancé, mon odyssée risque de durer plus longtemps que la sienne.

Ulysse avait le privilège de voguer et la malchance de parfois s’échouer comme l’ambulance que je découvre dans le fossé à la sortie de Soucieu. Mais je continue tel le zombie moyen. Vaille que vaille je dois finir. Je tombe dans une faille spatio-temporelle et me voilà dans le parc de Chaponost. Le joli volet blanc n’est qu’une vieille planche boueuse et glissante à souhait. Devant moi, un type s’est arrêté devant une gigantesque flaque de boue et se demande comment la contourner. Mon SurMoi me faisant défaut à ce moment, je trace tout droit m’enfonçant allègrement dans la vase, « la boue, c’est bon pour la peau ! » dis-je en me retournant. Je ne marche plus, je déambule, mes ampoules ont éclaté, c’est la bérézina, et je me dis que si je vois la navette à Beaunant, je grimpe dedans persuadé qu’il me resterait alors 15 bornes. Par bonheur mtnt que j’y pense, j’atteins le ravito et poursuis ma route en découvrant le panneau des 60 km. Je me rends compte que j’ai parcouru plus de 100km en peu de temps. Cette pensée m’accompagne durant toute la côte, c’est dire que j’y pense longtemps !!. Tout en haut j’en profite pour demander l’heure à un bénévole 11h30. Allez c’est plus que la descente. Je trottine par moment sur de courtes distances. Une fois arrivé sur les quais, je vous passe les détails de cet interminable calvaire sous la neige et la pluie durant lequel je double des concurrents encore + à la dérive que moi, la vache c’est possible !

Enfin se profile ce fichu palais des sports. 50m, 25m l’entrée et le passage sous l’arche. PFFFF. Je l’ai fait. Il est 13h. Je vois Arthur, Biscotte, Gilles et 1 des 2 Fred de la bande qui papotent. Je me dirige vers eux avec ce que j’estime alors mon plus beau sourire !! Hmmm bon vaut mieux pas voir les images, elles passent pas la censure, mais George Romero m’a contacté pour la suite du Retour des Morts-Vivants, un petit rôle sans maquillage nécessaire a-t-il précisé… Qq minutes plus tard je croiserai Tidgi, frais comme un gardon et Fulgurex qui me donne son sticker collector LSTL2012, j’ai perdu le mien en route et j’avoue que je me vois mal refaire le chemin en sens inverse pour le retrouver. Paresseux me direz-vous, c’est vrai mais bon…

A présent, je dois récupérer mon sac de change qui est malheureusement trempé. Pas moyen de se changer sur place. Direction la station de métro. Je mets environ 10minutes à l’atteindre et à descendre ses 45 marches. Mais je constate que je ne suis pas le seul dans ce cas c’est rassurant. Les visages sont marqués par l’épuisement mais les mines réjouies d’en avoir terminé. Les regards brillent d’une étincelle de fierté « Oui j’y ai participé et je l’ai terminée» Le chauffeur de bus me jette un drôle de regard, il doit avoir peur que je salisse son véhicule. Une dame d’un certain âge me propose même de me laisser sa place !!! Elle me dit que son fils est un traileur aussi, elle sait ce que c’est !

15h45 enfin chez moi. Le retrait des chaussures relève de la chirurgie de pointe. Il faut que je prévienne quand même mes proches que je suis encore en vie. Une photo du T-shirt finisher que j’envoie par mail. Ils m’ont suivi par internet une grande partie de la nuit les courageux.

Finalement, je suis le + heureux des hommes et je n’ai plus qu’une envie : RECOMMENCER .

TurtleRunForFun. 🙂

P.S. : reprendre les sorties 15 jours après avec une reco « hivernale des Coursières » avec ArnaudB, Lalan et Rémi, honnêtement, il y a plus raisonnable à faire, même s’ils sont très sympas…

Share This