Ne pas oublier que la 180 commence à Saint Genou…

Saint Genou, km 41 de la SainteLyon.

Je sais qu’à présent il ne devrait plus y avoir de neige… et que mes chaussures de route vont enfin pouvoir se libérer.

Il y a un avantage de partir presqu’à la fin des vagues de départ, quand l’idée n’est pas de dépasser à tout prix : c’est de s’économiser, surtout quand ça bouchonne dans les descentes glissantes.
Rester zen mais ne pas s’endormir, et ne pas tomber malgré la fatigue de l’aller, tel a été le leitmotiv de ce début de course…


Etre radin au point de ne pas prendre la navette, çà a du bon quand même !

L’avantage de cet aller reste toujours de redécouvrir de jour les paysages de la Sainté, de prendre connaissance de l’état du terrain mais surtout de partager à plusieurs ce truc de dingues (meuhhh non) qui consiste à faire l’aller-retour… Comme si faire la course en elle-même ne suffisait pas déjà.

Passer pour un fou pour certains, j’ai l’habitude. Mais cette année, je me dois d’assumer encore plus…

En effet, le défi de cette fin d’année aura consisté à faire non pas un AR mais deux ! Quand on aime…

2 semaines avant cette Saintelyon avait lieu Le Puy-Firminy, un format de nuit à peu près identique. A vouloir découvrir cette ambiance particulière et authentique, j’avais souhaité le faire en aller-retour, avec 2 autres amis (Bernard et Christian).

Cela étant fait, il n’y avait plus qu’à voir comment allait se comporter le corps avec 140 km déjà dans les pattes 2 semaines avant, et avec du repos bien sûr.

Cette 180 est (déjà !) la 8° pour moi, et 9° Saintelyon par la même occasion. Et oui ! Une seule « vraie » Saintelyon au compteur, je suis plutôt novice dans le pur style de cette épreuve.

Mais si je préfère le format 180, c’est bien pour les raisons citées plus haut.

Quoiqu’il en soit, nous voilà devant la Halle Tony Garnier à 6 heures du mat’ ce samedi.

Petite frayeur la veille : ma douce vient d’être « foudroyée » par une gastro, gentiment apportée 2 jours avant par l’un de mes fils.

Je ne serai donc pas tranquille pendant tout le WE (tiens ! je sens comme un truc là, au niveau du bide…) Tout comme Reynald, qui a eu de la chance d’être hébergé chez moi juste avant notre départ. Faut aimer le risque !

Il fait très froid donc ce samedi matin, mais on a connu pire comme départ (2012 par exemple).

Nous sommes plus nombreux cette année : une bonne trentaine, dont un quart d’encadrant du Lyon Ultra Run. Et une seule fille…

L’ami Arthur ne pourra pas se joindre à nous, suite à des soucis de genou. Dur pour lui quand de plus il nous suit tout au long de cet aller, ayant un secret espoir de prendre le départ de la course dans le sens officiel.


Je ne vais pas décrire le parcours aller pour la nième fois. Quoique ces dernières années, j’avais cherché d’autres idées de récits comme en 2015, et en 2016.

Cette année, ce sera des morceaux choisis en image.

LYON

SOUCIEU

AU SIGNAL

SAINTE CATHERINE

SUR LES HAUTEURS DE MOREAU

SAINT ETIENNE

L’intermède au Flore est, comme d’hab, salutaire et un « vrai havre de paix ».

Merci aux kikous qui rendent cela possible dans son organisation : Caro notamment, voire dans son animation : Arclusaz, Bruno.

Et comme à chaque fois, désolé de ne pas pouvoir voir du monde. A jouer l’associal qui préfère prendre le temps de manger, de se changer, de se reposer… Ce temps est toujours trop court pour pouvoir tout faire et j’ai encore du mal à changer de priorité.

L’avancement dans la neige et ce vent glacial aura quelque peu fatigué mon organisme. Et ce n’est pas anodin pour le retour. Moi qui suis spécialiste de dormir tout en avançant en plein milieu des monts du Lyonnais, va falloir une fois de plus être le plus alerte possible. Café, café, etc…

Cöté météo et terrain annoncé pour le retour : pas de précipitations. Mais des glissades en prévision. En effet, la neige que nous avons pu rencontrer à l’aller devrait laisser la place à quelques plaques de verglas, suite aux passages de quelques milliers de coureurs.

J’aurais réussi à dormir… une minute (comme au Puy), avant d’être réveillé par Bernard qui lui est motivé pour partir pas trop tard, et avec ses chaines, lui !

Et moi qui n’ai pas pris mes « chaines » ! Je n’ai le choix qu’entre route et semi-trail.

Donc… ma stratégie pour le retour sera de privilégier la fin de course qui me réussit plutôt bien (à partir de Saint Genou). Ce qui se traduit par :

–  Mettre les shoes de route (elles ont bien fait Millau et le retour du Puy Firminy…)

–  Devoir avancer patiemment et prudemment pendant les 40 premiers kilomètres, où je sais que je ne suis pas le plus à l’aise à ce moment-là

–  Et… partir dans la dernière vague… bien au fond de la dernière vague. On verra pour remonter des places quand le jour se lèvera…

L’avantage, c’est qu’il n’y a pas trop à attendre dans le froid.

Je retrouve sur le départ Bruno, ainsi que Nicolas qui va accompagner une amie (nous sommes restés au chaud le plus longtemps possible).

Le départ

Une fois passé l’arche de départ, la « remise dans le bain » se fait plutôt rapidement. Un peu comme il y a 2 semaines au Puy. Je profite de la portion bitume pour avancer un poil plus vite, sachant qu’un rythme bien lent m’attend un peu plus haut.

Un petit blanc ou une glace ?

Passé la boue de Sorbiers, et le goulet d’étranglement de fin de route, arrive la neige sur les hauteurs menant à Saint Christo.

Finalement ça glisse moins que ce que je pensais. Il suffit d’être vigilant et de ne pas s’enflammer, comme certains cherchant à dépasser à tout prix, et risquant la chute par moment.

Saint Christo : 2h04 de course, 5753°

J’essaie d’attraper un peu de thé chaud pour mettre dans mes bidons. Difficile de boire quand l’eau est froide. Je sens que je vais encore avoir du mal à m’alimenter.

Puis les hauteurs de Moreau : ça caille graaaaaaaaaave ! Courir régulièrement pour ne pas être congelé.

Curieux, je n’ai pas envie de dormir comme souvent sur cette portion de parcours. La vigilance sans doute m’aide à rester réveillé.

A jouer les équilibristes par moment, ou attendre patiemment en file indienne dans les passages tortueux, arrive Sainte Catherine : 4h10 de course, 5507°

De la chaleur au sommet !

Atteindre St Genou nécessite de grimper au point culminant de la course, déjà à l’honneur en 2015. Il faisait alors sec et sans neige. Ce n’est pas le cas cette année.

Et lutter contre la fatigue : ça devient dur ici car depuis Sainte Catherine, me voilà avec du sable dans les yeux.

Les embouts, dégelés à Ste Cath, sont à nouveau inutilisables. Et les réchauffer dans les mains couvertes ne changent pas grand-chose. Pour boire, on attendra. De toutes façons, c’est plutôt le vent glacial qu’il faut affronter dans la longue montée qui mène au Signal.

Heureusement, après le vent froid et la neige, mes amis du Lyon Ultra Run sont là pour mettre l’ambiance au Signal. Au top votre bivouac animé ! Encore merci !

Et il en fallait une patate avant de redescendre… très lentement juste derrière. Pas pensé qu’elle serait aussi gelée celle-là…. Oups encore des glissades !!!

Le top reste cependant le bois des Marches.

On voit bien ici le résultat du passage de milliers de coureurs : la neige a disparu et les fameux cailloux (rendant ce passage assez technique) sont tout simplement brillants sur le dessus pour certains. Du technique bien glissant : nous avançons tous très prudemment. Une chute par ci, une autre par là. Rester debout et patient : c’est la dernière avant St Genou.

Saint Genou : 6h50 de course, 4978°

J’aurais mieux fait de passer direct sans m’arrêter. Ici règne le chaos dans cet endroit exigu. Pas moyen d’attraper quelque chose de chaud, afin de dégeler mes gourdes.

Allez, tant pis. C’est reparti pour une nouvelle course maintenant.

Le jour se lève, j’avais décidé de « patienter » jusque-là. Je vais voir si maintenant je suis capable de relancer la course sur un terrain plus propice pour moi.

Réveil !!

Le parcours passe cette année par Rontalon : une longue descente (attention !!… çà glisse encore par endroit sur le bitume qui tape bien !!! puis une remontée par la route et non sur le chemin comme vu lors de la reco).

Je me permets ici de courir dans cette montée, pour voir…

Bois des Dames à bonne allure, le Marjeon en courant (tiens, l’ami Arclusaz ! Allez, allez !), et arrive…

Soucieu : 8h18 de course, 4332°

Je ne traine pas pour ne pas me refroidir, appréciant néanmoins les lieux aérés du gymnase et l’accès bien plus facile aux victuailles.

Thé chaud, banane, tartelettes ! Ils font du bien ceux là et vont me donner la patate pour la jouer en 11h. Bah… on va essayer…

  • Il court, il court le Furon.
  • A peine une montée, une descente, et voilà le Garon.
  • Des lapins ? Ou çà, je n’ai vu qu’une tortue et son acolyte, déjà rencontrés dans la neige mais là, ce sera en haut de la montée (allez, les gars, on ne traine pas).

Pffffiou, voilà un autre gymnase bien chauffé.

Chaponost : 9h35 de course, 3764°

Mode pacman

Les jambes sont dures mais la fin est proche. Un petit étirement entre 2 thés chaud, bananes. Tiens, les embouts gelés ne sont plus qu’un lointain souvenir…

Pour les 11h, on y croit toujours. Alors je continue à dépasser.

En haut de Beaunant, je retrouve Maxime qui avait promis de venir encourager les courageux, à coup de café et thé. Jean-Luc est là aussi.

Sympa la compagnie les garçons ! Merci !… Mais si je veux rentrer en 11h, je ne vais pas trainer.

Les derniers kilomètres s’égrènent : 5, 4, 3, 2 puis le dernier passé en 10h51. C’est tout bon donc ?

Sauf que… Cadbury a bien voulu écouter ce garçon qui en voulait plus (si tu comprends pas, laisse, c’est pour les plus vieux)…

Ce dernier kilo est bien plus long, ce que je comprends au musée des Confluences, passé en 10h58.

Donc on profite. Un virage à droite, un à droite, un autre à gauche.

Puis le dernier à gauche pour gouter la chaleur de la Halle Tony Garnier : 11h03 !!

William est là un peu plus loin. Il a dû bâcher le pauvre.

Où j’apprends aussi que Bernard n’est pas encore arrivé (moi qui le croyais devant, motivé dès le départ le bougre).

Je retrouve aussi Reynald qui aura fait un beau retour.

Ayé, une 8° 180 de faite !…

Peut-être pas dans les temps espérés au départ mais avec un plan de marche qui aura tenu la route. Satisfaction de ce côté-là.

S’il fallait les classer, cette 180 aura été la 3° la plus difficile, après 2010 et 2012.

Probablement dû à un reste de fatigue de l’aller entre Le Puy et Firminy 2 semaines avant Langue tirée

280km en 2 semaines.

La semaine qui suit aura été longue en récup, surtout quand finalement la gastro tant redoutée est arrivée 2 jours plus tard (elle a sû attendre…)

Cette tentative de remontada aura tenu ses promesses : 1500 places remontées.

Mieux qu’en 2016 avec 1000 places… Mais moins bien qu’en 2013 avec 1800 places.

Quand je dis depuis longtemps que « la 180 commence à Saint Genou »…

Merci pour tous les encouragements.


En chiffres

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73,5km, 1900m de D+, 2200 de D-

6700 participants, 5790 finishers

Scratch : 3423, en 11h03

V2H : 369°/885

L’aller de la 180 aura été fait en un peu moins de 14h

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