1er, 2 décembre 2018, 65ème édition de ma Saintélyon et pour fêter cet anniversaire, un parcours exceptionnel, avec toutes les difficultés des précédentes éditions… dont le tryptique : « Bois d’Arfeuilles, montée du rampeau, signal ».

Pour aller jusqu’aux boues !!!

Comme l’année dernière, j’ai le privilège d’avoir été sélectionné pour cet aller/retour, mais le retour aura été vraiment compliqué et il m’aura fallu une grosse dose de motivation pour aller jusqu’aux ‘’boues’’ de cette édition !

Samedi 1erdécembre, 4h30 ! Rendez-vous du coté de la Halle Tony Garnier, on se retrouve, malgré l’heure matinale, frais, heureux, motivé… Tout le monde est là, Arthur et des membres du LUR pour l’orga, des habitués de la180 et quelques nouveaux… petite photo et…

5h00, départ en sprint pour 81km et 2600m de D+

Après 1h40 de course, 1erou dernier ravito, Chaponost où tout est calme pour l’instant !

8h00, nous arrivons à la boulangerie de Soucieu en Jarrest où une fois de plus, même si nous sommes attendus, les premières places ont été disputées ! (1erFabien, 2eme Tidgi, 3eme Steph.)

Nous sommes sur une moyenne haute, alors nous en profitons pour faire un bon arrêt !

Notre groupe repart, rassasié et les premiers rayons de soleil viennent nous réchauffer.

Quelle belle ambiance dans notre groupe, le chemin vers Ste Catherine passe pour le coup vite, même si les difficultés sont présentes sur cette portion du parcours : montée sur St genou, puis le signal de St André la cote…

Nous repassons sur une prévision d’allure moyenne, et le groupe reste bien homogène.

Nous sommes maintenant dans le rampeau qui en descente passe bien, il faut dire que malgré la pluie annoncée, nous avançons pour l’instant au sec et avec une température presque printanière, les sentiers sont donc super roulants…

Voici la montée du bois d’Arfeuilles, qui annonce notre arrivée proche de Ste Catherine.

Vers 14h, bon arrêt sous les chapiteaux de l’organisation, nos sacs d’allégement sont là, nous en profitons pour nous changer et recharger les batteries en partageant les spécialités emmenées par tous, une bonne soupe chaude pour faire digérer le tout et nous voici prêts pour terminer ce premier trajet .

Le chatelard, Le moreau, Prassaint, nous avançons toujours dans la bonne humeur, même si maintenant l’envie d’arriver vite se fait sentir !

Avant l’arrivée sur St Christo, nous profitons d’un magnifique couché de soleil sur les Alpes…

Quelle chance, nous avons !!!

Vers 17h00, nous arrivons à St Christo en jarez, et bien abrités sous le chapiteau du ravito ouvert spécialement pour nous ; Nous en profitons pour passer en nuit, frontale, et couche vestimentaire supplémentaire car si la pluie n’est pas encore là, un petit vent frais nous saisit un peu…

Nouveau tracé jusqu’à St Etienne, avec des portions inédites, en chemins jusqu’à Sorbiers puis ensuite alternance de montées et descentes jusqu’à St Etienne sur route bitumée.

Nous arrivons à St Etienne après une longue descente, vers 20h30, le timing est respecté !

Quel aller !!! Nous nous sommes vraiment régalés, un temps idéal, un groupe super sympa et des gentils organisateurs du LUR au petit soin pour nous !

MERCI !!!

Quelles sensations en rentrant dans la salle du « Flore »sous les applaudissements des Kikourous.

C’est bien, nous avons fait une partie ! Mais la180, c’est le retour également et un sentiment étrange m’envahit !

Après ces quinze heures passées entre ‘’fous’’, je sais que malgré la présence et les sourires de Laurent, Sylvain, Kévin, David, Cyrille, …, et bien entendu mon Philippe, je vais forcément me déconnecter et me mettre en mode ‘’ULTRA’’…

Je me prépare malgré tout, après avoir pris une bonne portion de pâtes ! Je recharge les batteries, du téléphone et de la montre, puis j’essaie de prendre une heure de sommeil…

23 heures, je sors du Flore en compagnie de Philippe, afin de prendre le départ du sas 3, finalement, même en escaladant les barrières, nous sommes dans le sas 4 !

Je sens que je suis déjà parti et je visualise le parcours dans ma tête…

La pluie annoncée, arrive, comme pour fêter notre départ, plutôt légère pour l’instant… Nous savons qu’elle sera plus forte !

00h15, c’est le départ et c’est à peine si j’entends ‘’light my way de U2’’ et le speaker parler ; Philippe est à coté de moi, mais je le perds rapidement.

Quelle sensation étrange, une seule idée en tête : rallier St Christo, ensuite, on verra !

C’est ce que je fais en 2h29, je suis trempé, il a plu tout le temps, j’ai alterné marche et course, j’ai froid, et l’envie n’est pas vraiment là ! Je croise Jean-François qui se change et me dit avoir froid également. J’essaie de me ravitailler, mais trop de coureurs et bousculades pour moi, je décide de sortir du chapiteau pour ne pas avoir trop chaud et ressentir encore plus le froid en sortant !

Malgré cela, le départ de St Christo est difficile, je me force à trottiner pour me réchauffer en ne pensant plus qu’à rejoindre Ste Catherine !

Sur les hauteurs de ‘’Moreau’’ vers le 100eme Kilomètres, j’ai des hallucinations, je vois la pluie tombée à l’horizontale, elle me fouette le visage et je n’arrive plus à serrer ma capuche ! Le terrain ne s’améliore pas et la boue est bien présente ; Comment va être la descente sur le ravito ?

Elle est, comme je le pensais, boueuse et glissante, mais étrangement, je la passe sans difficultés en doublant de nombreux coureurs…

4h35 de course, et j’arrive à Ste Catherine ! Ravitaillement toujours surchargé, mais j’arrive malgré tout à me ravitailler en liquide chaud et refais le plein de ma poche, je ne m’arrête pas longtemps et repars en marchant et toujours ce doute depuis St Etienne, A quoi bon ???

Mais, j’avance tout de même en me disant que je ne suis pas blessé, et qu’il faut seulement bousculer le mental !

Les trois morceaux de choix de la Saintelyon arrive, le bois d’Arfeuilles, humide et glissant, je passe comme j’avais imaginé, à droite et je m’étonne de la facilité avec laquelle je descends, ensuite tout à gauche, La montée du Rampeau, 750m et 180m de D+, une pente d’environ 20%. Avec le passage des milliers de coureurs, il faut trouver une trace en dehors du sentier pour garder des appuis corrects…après environ 15 min d’ascension, je sors de la forêt et aperçois les lumières de St André la cote, avec le point le plus haut de parcours comme dernière épreuve : La montée vers le Signal !

Toujours de la boue, plus gênante en descente encore !!!

La première partie du parcours est faite ou les ¾ pour moi !!!

J’attaque donc la descente vers Lyon, en passant par le ravito de St genou, je ne m’arrête pas longtemps, juste le temps d’une pensée pour Tidgi !

-« C’est ici, que commence la180 ! »

Malgré la boue présente partout, et le brouillard qui arrive, j’essaie de courir au maximum pour ne pas me refroidir et m’endormir ; Je sais qu’une fois arrivé à Soucieu, il ne me restera qu’environ 3h00 de course.

KM61 ou 142, j’arrive en courant au ravito, avec une envie de m’asseoir et de savourer une bonne soupe chaude.

J’en profite pour me changer et enfiler mon T-Shirt rouge la180, je suis épuisé mais je sais maintenant que j’irai au bout !!!

Je croise Cathy, participante de la180, en repartant de Soucieu, et si l’envie de courir ensemble me traverse la tête, je préfère lui dire de continuer sa course car je ne veux pas la ralentir ou me mettre dans le rouge ; La descente jusqu’au Garon se passe bien, le plat le long de celui-ci aussi, ensuite à nouveau tout à gauche, chemin des Lapins, en marchant, le ravitaillement de Chaponost n’est plus loin !

Content d’être enfin là, je les ai comptés ces ravitaillements et je n’imaginais pas arriver jusqu’ici ; Dernier ravito de la saintélyon avant l’arrivée !

Il me reste 11 Kilomètres, je les connais par cœur, mais je vais être surpris car le passage des 4 courses avec la pluie de ces dernières heures a vraiment transformé le terrain et il me faudra encore beaucoup d’énergie pour en finir, étang du Boulard, chemin de Merdane, la descente après le chemin de la combe, devenu une rivière, l’eau continue à ruisseler même sur la route, chemin du château, chemin de Comballet et on arrive sur la plantation de sapins, mais que s’est-il passé ???

Un vrai champ de labour sur au moins 10m de largeur, les chevilles continuent de partir à droite, à gauche, mais ce sont surtout mes genoux qui souffrent le plus ! Ca ne s’arrêtera, donc, jamais !!!

Chemin de Devais, et juste avant de redescendre vers l’aqueduc, je croise Camille et Laurent, deux survivants de la Diag’, je m’arrête un peu pour les féliciter et me redis que mon effort est petit par rapport à ce qu’ils ont réalisé !!!

Je repars tranquillement pour attaquer la fameuse bosse des aqueducs, puis j’enchaine avec le parc accrobranche, et la dernière bosse, chemin de la courtille ; En redescendant, mon pote Christophe m’attend, il m’accompagne jusqu’à l’escalier du Grapillon.

Il reste deux Kilomètres et je savoure…j’aperçois les pancartes laissées par les kikourous et ça réchauffe le cœur, j’aurais vraiment souffert tout le long de ce retour, du coup, je ne me presse pas pour arriver !

Quel sentiment étrange !!!

Je l’ai fait ! 2eme étoile sur la180 !

Envie de repartir ? Pas certain, à chaud !

Et comme me disait un sage de cet Aller/retour, je vais déjà savourer ces 162 km, 5000m de D+, 27h de course ! Et ce tout le long de l’année 2019 !

Mais maintenant, REPOS !!!

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